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Citations

"Puisses-tu vivre tous les jours de ta vie."
Jonathan Swift

Pascal Ruter

Tout d'abord il faut que vous sachiez que j'ADORE Pascal Ruter, vraiment quelqu'un de super cool et drôlement sympa. J'ai eu la chance de passer une journée avec lui à un salon du livre à papoter et à manger des loukoums (comme je disais vraiment cool!), maintenant quand je lis un de ses livres je suis pleine d'heureuse nostalgie, le fameux "Loukoum de Proust" !

Tout d'abord parlons un peu de l'homme : Pascal Ruter est prof de Français au collège. Depuis qu'il a découvert Flaubert il considère que s'il a des yeux c'est pour lire et 2 mains (enfin surtout la droite) c'est pour écrire. Il aime par-dessus tout les livres où le malheur et la sévérité de la vie sont dynamités par la cocasserie et la drôlerie de situations loufoques et ça se ressent bien dans ses livres ! Lorsqu'il écrit le Cœur en Braille, son premier roman, il pense écrire pour un public adulte. Il est donc assez déçu des refus répétés des éditeurs, il est d'ailleurs sur le point abandonner lorsqu'un des éditeurs lui conseille de proposer son manuscrit plutôt à des éditeurs jeunesse. Et là BIM BAM BOUM gros succès, trilogie du Cœur en Braille adaptation cinématographie et tout le tralala. True story sortie de la bouche de l'auteur himself ! A partir de ce moment on ne peut plus l'arrêter, et avec son dernier livre Barracuda For ever il perce même chez "les adultes" puisque le livre est paru à la fois en jeunesse et en littérature. Grande classe Monsieur le Professeur !

Parlons un peu de ses livres maintenant :
Tout d'abord bien-sûr la trilogie du le Cœur en Braille :
  • J'ai eu un gros coup de cœur pour le 1er tome, une belle découverte (je crois d'ailleurs que j'en ai parlé à peu près tout le monde tellement j'ai adoré !), une galerie de personnages hauts en couleurs et tellement attachants. Et mon Dieu Victor ! Victor et ses jeux de mots, ses petits loupés, ses bonnes intentions et ses amis. Ho oui, eux aussi valent le coup d’œil, Haïçam vénérable égyptien véritable génie aux échecs et Marie-José virtuose du violoncelle. Beaucoup d'humour (parfois qui ne vole pas très haut mais qui du coup plaît beaucoup au plus jeunes d'entre nous) et de la tendresse par camion. Une philosophie de vie que j'aime bien : "J'ai remarqué que dire n'importe quoi d'un ton très assuré est souvent la meilleure solution pour vous tirer d'un mauvais pas."
  • Vient ensuite le deuxième tome Du bonheur à l'envers, qui se passe en fait avant le Cœur en Braille (vous suivez ?) et là... ÉNORME COUP DE CŒUR ! Encore meilleur que le premier, j'ai ri toute seule dans le tram en lisant ce livre (et je sais de source sûre que d'autres ont fait pareil!). On découvre le passé de Victor, son oncle loufoque et leurs folles aventures. Le plus drôle et le plus impertinent des tomes de la trilogie (le passage sur les témoins de Jéhovah...un régal!). La morale ? "Je me suis dit que certains sont faits pour le bord du chemin, et d'autres pour le grand milieu de la scène illuminée, et que c'était pas grave du tout."
  • Et enfin Le Cœur en Braille quatre ans après, celui que j'ai le moins aimé (mais je l'ai quand même aimé hein ! Que les choses soient claires!). C'est vraiment chouette de retrouver toute notre joyeuse bande presque adulte. Victor prouve une fois de plus qu'il est un poète naïf du quotidien qui a un véritable don pour emporter tous ses proches dans de folles aventures. Pour conclure sur ce livre cette citation que j'aime bien du pur Victor : "J'ai l'impression que dans la vie il y a l'amour et très peu de choses autour. Comme dans une paupiette."
Pour conclure de très beaux livres touchants, émouvants, pleins d'humour, de nombreux jeux de mots et de belles leçons de vie ! Préparez-vous à une avalanche de personnages hauts en couleurs, mais aussi de petits moments qui vous rappelleront vaguement quelque chose. Des livres qui font du bien !

Vient ensuite L'Amour au subjonctif, le livre de cet auteur que j'ai surement le moins aimé, et pourtant il y a des jeux de mots et autres dialogues absolument succulents ! Les personnages m'ont un peu agacés, je pense que je ne suis plus vraiment dans l'âge ciblé (il faut bien ouvrir les yeux !). Cependant après avoir fini le livre j'étais prête à partir en Italie trouver l'amour, la magie n'a pas totalement opérée mais elle est présente c'est certain !

Barracuda For Ever, ce livre m'a boulversifiée ! Tendresse, nostalgie, humour, un livre transgénérationnel. Il m'a surtout touchée car, comme la plupart des livres de cet auteur, il parle des relations familiales avec beaucoup d'amour et là il aborde les grands-parents (je suis très proche des miens personnellement #3615Mylife). Et forcément, on parle de vieillesse, du déclin contre lequel on ne peut rien, des regrets et de la perte. Vous souvenez-vous quand pour la première fois vous vous êtes rendu compte que tout le monde mourrait un jour ? Même les forces de la nature, même les héros des familles, les courageux, les fortes têtes, les Napoléons !
D'ailleurs faîtes connaissance avec Napoléon, fringant octogénaire qui décide de changer de vie. Il divorce de sa tendre Joséphine et secondé par son général en chef, son petit-fils Léonard dit Coco, il décide de repeindre sa maison, d'adopter un chien et de kidnapper un animateur radio. On suit leurs folles aventures au travers des yeux de Léonard qui idolâtre son grand-père, son empereur, mais qui se surprend à le voir changer. En effet cette ancienne gloire de la boxe, cette tornade, vieillit, il perd la mémoire, l'équilibre et la tête, mais ça ne l'empêche pas de jouer au bowling, d'embêter son fils, de danser sur du Claude François (BARRACUDA ! Chorégraphie s'il vous plait) ou de ressasser son dernier combat contre le grand Rocky. Et gare à ceux qui veulent le déporter en maison de retraite ! 
Avec Barracuda for ever Pascal Ruter nous prouve une fois de plus qu'il est un maître dans l'art de créer des personnages, tendres, attachants, drôles, un peu loufoques et cabossés qui savent nous saisir, nous faire rire comme nous faire pleurer quelque soit notre âge. "Je croyais que vieillir il suffisait de pas vouloir, de dire merde, mais ça ne marche pas du tout comme ça. L'adversaire est trop fort, beaucoup trop fort et l'arbitre est un vendu."

Pour conclure mes petites dédicaces souvenirs de ma rencontre avec Pascal Ruter et mon article pour le magazine Page :
Sauvez les librairies, achetez y vos livres.

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